1 1 1 – Mon beau sapin

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Les enfants courent vers les paquets
qu’on avait mal cachés,
que nul ne leur offrait.
Puis ils déchirent les emballages,
examinent les objets,
du genre les doigts dans le nez.
Bien qu’on leur tende de fières chaussures
pour arpenter les champs,
c’est de trottoirs qu’ils rêvent.
Ces enfants-là ont tout l’avenir
pour refuser encore
les présents qu’on leur fait.
(Ils disent)
Ce que j’ai, je le tiens.
J’aurai ce qui est tien.
Mais au fond on s’en fout,
ce qui est est à nous.
Mais il ne reste plus trop de choses
à l’issue du partage
entre envieux de tous âges.
Plus rien n’impose de vains pillages.
Plus rien n’est à saisir,
pas même les armes.
Ouvrons-nous donc enfin au manque.
Plus rien à conquérir,
pas même les marges.
(Ils disent)
Entre crèche et sapin,
le temps presse, le temps blesse.
Nous on ne tient plus guère
à continuer la guerre.
Laissons les armes dans les marges,
la crèche pour commencer,
le sapin tout à la fin.
Mais nul besoin de nos sapins
pour aller découvrir
ce qu’il y a sous les vôtres.
Plus d’emballages, ni d’empilages,
vous avez passé l’âge
de rester nos otages.
(Ils disent)
Ni donné ni reçu,
ce qui passe trépasse.
Balançons ces paquets,
voyons-voir qui nous sommes.
Mon beau sapin, roi des forêts,
que j’aime ta parure
(et tes boules de futur).

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