102 – Un Beau Confinement

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Un beau jour on nous suspend,
on nous dit : « Reste dedans !
Tu sors : tu risques la mort ! ».
Bien sûr, cela surprend !
Plus d’espace, mais beaucoup de temps.
Vie de chien, et vie de chiendent.
Tu penses, mais rien ne dépenses,
vu que rien ne t’attend.
Voici ce qu’on appelle un beau confinement !
Tu aimes
rester tout seul chez toi juste avec BFM ?
Ou bien croquer des chips en guettant dans le ciel
les oiseaux qui s’étonnent et ricanent
à tire d’aile ?
Sans t’étonner tu ricanes
de ces nouilles dans ta cabane,
des stocks de scotch on the rocks,
et même de marie-jeanne.
De ce siège domestique
qui se prétend thérapeutique,
tu dis que ce qui séduit
peut n’être que despotique.
Tu dis que d’être libre tu ne peux te passer.
Tu te vois
rester vautré chez toi à te mordre les doigts ?
Mieux vaut les incendier sur les claviers du ciel.
Sur ce bleu infini tu te crois
éternel.
Ebloui par l’éclat d’un mot,
je plonge
au plus profond de mon cerveau.
Sur le plancher de ce plafond
je trace
les pointillés d’une évasion.
Parvenu au bord du ruisseau,
je pêche
une idée plus vive que l’eau.
Mais l’acier de la solution
se tord
au grand feu de l’aliénation.
Le bleu chasse les nuages.
La police astique ses cages.
Pour dire « Permis d’interdire »,
pour sûr, il n’y a plus d’âge.
Pour te maintenir en vie,
il faudra que tu te plies
aux ordres venus du désordre
et donc, à leur folie.
Voici ce qu’on appelle un triste enfermement.
Vois-tu
ces médecins qui te traitent en parlant tant et plus ?
On les trouve impuissants, levant les bras au ciel :
tout est perdu, n’applaudissez plus !
Quel bordel !

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