31 – Un peu trop tard

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Le funambule a décroché
les touches noires
qui décoraient l’escalier
de sa tour d’ivoire.
Il a rangé, bien ficelé,
empaqueté
tout le courrier qui lui venait
de son passé.
À le regarder s’agiter
ce mardi soir,
on l’aurait cru contaminé,
un vrai taulard,
découvrant
un peu trop tard
les signes avant-
coureurs de l’espoir,
et déchiffrant
sans trop y croire
le texte blanc
de la victoire,
le texte blanc
de la victoire.
Et puis le funambule a compris
que par malchance
ne restaient le mercredi
que les touches blanches.
Il a craché sur le silence
qui le jeudi
engloutirait le chant, la danse
de son esprit.
À le regarder s’agiter
comme un maudit,
on l’aurait cru ensorcelé,
on aurait dit
qu’il cherchait
sur le trottoir
à retrouver
ce passage et ce couloir
qui conduisaient
à l’abri de la pluie
jusqu’à l’entrée
de l’hôtel de l’insomnie,
jusqu’à l’entrée
de l’hôtel de l’insomnie.

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