57 – Chapeau de Paris

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J’ai mis mon chapeau
bien dessus ma tête.
J’ai pris mon manteau
et mes cigarettes.
Je marche comme un héros,
vainqueur de la défaite.
Je vais prendre le métro
à la Place des Fêtes.
J’arriverai bientôt
à la Porte de la Muette.
Oui du niveau moins zéro
je suis le grand-maître.
Vaurien parmi les vauriens,
je viens saisir des deux mains
ce qui déjà ne vaut rien.
Vaurien parmi les vauriens,
dès demain j’aurais en main
ce qui déjà ne vaut rien.
Je mets mon ticket
dans la fente, c’est pratique.
Et je prends l’escalier,
l’escalier mécanique.
Y’a tout plein d’retraités
et de femmes domestiques,
et un robot zélé
qui s’fout des statistiques.
Un gosse, les doigts dans l’nez,
mâche un bout de plastique.
Un clochard tout rouillé
m’jette un oeil pathétique.
Le R.E.R. n’a pas l’air
d’attirer les hommes d’affaires.
Y’a rien à faire à Aubert.
Le R.E.R. n’a pas l’air
d’attirer les hommes d’affaires.
Pas plus à faire à Denfert.
Mais j’vais pas à Denfert,
ni rue de Paradis.
Je suis là tout l’hiver,
je suis là dès lundi.
J’suis l’poinçonneur d’hiver
qui fait des p’tits trous gratuits,
qui regarde de travers
quand y’a pas d’graffiti.
Oui j’fais des trous à l’envers
et j’dis qu’c’est plus joli.
Je poinçonne toute cette misère
au d’ssous du charivari.
A la tête de la bête,
c’est bête, y’a jamais d’tête.
J’garde mon chapeau sur la tête …

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