64 – Le fallait-il vraiment

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On prête un beau jour des serments,
on prend des options sur le piège.
Et quand tombent les premiers coups,
on dit que c’est un privilège.
On peut trahir autant qu’on aime
tant que ceux qu’on aime sont des traîtres.
On ouvre partout des chantiers,
on croque les pommes en contremaître.
Mais soudain remonte au gosier
ce pourquoi on s’est engagé.
Le fallait-il vraiment ?
Sinon pourquoi l’a-t-on fait ?
On court tout l’temps dans tous les sens,
on prétend rendre des services.
Quand on a perdu tout son sang,
on entend parler d’armistice.
On s’est cru combattant,
mais on n’a fait que diversion.
On est de corvée de cuisine
au grand jour des décorations.
On ne ramasse que les miettes
du buffet qu’on a préparé.
Le fallait-il vraiment ?
Sinon pourquoi l’a-t-on fait ?
C’est quand il est vraiment trop tard, c’est sur le chemin du retour,
que l’on vient se clouer aux tempes l’acier des questions à rebours.
On a cru pouvoir retrouver ceux dont on a su s’éloigner.
Mais bien vite on a partagé le pain sec de l’hostilité.
On a trop joué à la paix, nié combien l’on fut blessé.
Le fallait-il vraiment ?
Sinon pourquoi l’a-t-on fait ?
On n’a de cesse au bout du compte
de s’échapper de la vallée,
de voir la poussière du cortège
sur les survivants retomber.
On a avancé tous ses pions
pour mieux déserter le damier.
On a aimé, construit, signé,
embarrassé ses héritiers.
Tout ce dont on s’est revêtu
à minuit nous a laissé nus.
Le fallait-il vraiment ?
Sinon pourquoi l’a-t-on fait ?

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