82 – Caisses

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Tu crois rentrer le soir
dans ton automobile.
Tu n’as pas peur du noir,
tu te tiens très tranquille.
Tu as fait ton devoir,
léché le Code civil.
Mais sous la peau du trottoir
respire une autre ville.
T’as beau vouloir en rire,
n’écouter que d’un oeil,
rouler au bord du pire
et du reste faire ton deuil.
L’argent que tu respires
t’étouffe quoique tu veuilles.
Car sous la peau du désir
s’allume un autre orgueil.
Tu sens venir le vent,
tu vois venir le temps
de sortir de ta caisse
malgré les feux de détresse.
Tu arrives au sommet,
tu dis que c’est ta place.
Ce qu’avant tu as fait,
tu n’en vois plus la trace.
La lune qui se lève
caresse tout ce qui brille.
Mais sous la peau de ton rêve
se glisse une autre aiguille.
Le début de la fin
bientôt touche à sa fin.
Tu as tendu la main,
tu as vaincu en vain.
Tu n’as plus que ton corps
pour te tenir en vie.
Et sous la peau du décor
tu palpes l’infini.
Tu sens venir le vent,
tu vois venir le temps
de rentrer dans ta caisse :
il n’y a plus de détresse.

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