89 – L’invitation

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Le téléphone a sonné,
comment ne pas accepter
cette invitation ?
Il va falloir accrocher
tout en dessous de mon nez
un sourire de fonction.
Les amis sont réunis
et le champagne est servi –
amuse-gueule de saison.
Ils sont vraiment si gentils
que j’aim’rais suivre moi aussi
leur conversation.
Mais le blues est le squatteur de mon coeur.
Il s’incruste et, sans la moindre pudeur,
il vient me dicter son humeur.
Le repas est excellent
et tout le monde est content.
Merci d’être venu !
Je vais pas tenir longtemps,
je vais devenir méchant
si ça continue !
Les amis sont si gentils
que j’gagnerais p’t-être, moi aussi,
à être connu.
Mais ils connaissent par ici
des choses bien trop jolies
pour que j’les aie vues.
Car le blues est le dealer de mon coeur.
Il décide et, sans la moindre douceur,
il vient maquiller la laideur.
Et nous voici au dessert.
J’ai sauté le camembert.
Pour moi, pas d’café.
Si j’avais un revolver
j’demanderais bien mon blazer
pour prendre congés.
Mais les amis trop gentils
installent maint’nant le tapis
et sortent les dés.
Je perds partie sur partie
et quand sonne enfin minuit
je suis raide fauché.
Car le blues est le looser de mon coeur.
Il persiste et, sans commettre d’erreur,
Il se nourrit de mes malheurs.

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