97 – De l’écho, pas un mot

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Tu dis vouloir le bien
de ceux que tu approches.
Mais quand tu leur tends la main,
c’est pour leur faire les poches.
Tu parles de justice.
Tu plains les marginaux.
Mais tu envoies la police
pour couper leurs points d’eau.
Alors : même de l’écho de tes mots
je ne crois pas un mot.
Tu souris aux enfants.
leur offres des bonbons.
Quand tu parles aux parents,
tu manies le bâton.
Tu dis que tout va mieux
depuis que tu es là.
Mais tu ne vois que les lieux
où tout va bien mieux sans toi.
Alors : même de l’écho de tes mots
je ne crois pas un mot.
Mais si un jour, sur le tard, tu sors de chez toi,
voyant plus de souffrances que n’en vit le Bouddha,
écrasant une larme ou bien peut-être pas,
tu sauras que tes mots, tu n’les dis que pour toi !
Tu dis faire la guerre
aux ennemis de la paix.
Mais la guerre à la misère,
c’est tout ce que tu fais.
Tu parles sur les ondes.
Tu dis tes volontés.
Mais tu ne connais du monde
Que c’qu’on veut bien te montrer.
Alors : même de l’écho de tes mots
je ne crois pas un mot.
Tu chantes la République.
Tu parles de grands travaux.
Mais tu ne penses qu’au fric,
aux rubans aux ciseaux.
Un jour si tu te noies,
ne compte pas sur moi !
Mais si tu te sors de là,
ne compte que sur toi.
Car même de l’écho de tes mots
je ne crois pas un mot.

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