99 – Brouillard de guerre

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Tout est rangé,
oui trop bien rangé,
devant tes beaux yeux,
sur l’étagère de la peur.
La pluie qui tombe,
oh comme elle tombe ! –
fait monter les eaux
jusqu’aux touches de ton piano.
Tu peux t’échapper en courant,
rentrer chez tes parents.
Bientôt tu te feras migrant,
fuyant la pluie comme la peur,
mais heureux dans ton malheur
d’être là.
Tout est prévu,
oui bien trop prévu,
mais tu vas sombrer
avant de savoir nager.
Le temps qui passe,
le temps qu’il fait,
rien ne les efface,
qu’on les voit beaux ou mauvais.
Va falloir apprendre à bouger,
ou bien à parler aux plantes.
On veut t’empêcher de pousser,
au fond du puits t’oublier,
que tu mesures le danger
d’être là.
Tout est foutu,
oui pas mal foutu :
elle est bien venue
et nul ne se dit déçu.
Armes chargées
et noires pensées :
la guerre sait y faire
pour te chasser de ta terre.
Tu peux combattre à pleines dent
ou bien ramper comme un ver.
Fer contre fer ou pierre à pierre,
mais sans jamais oublier,
non sans jamais oublier, / d’être là.

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